Je pense donc je suis

Goéland en vol vers le soleil

Il y aurait, au moins, deux sièges de la pensée en l’homme : la tête, siège de l’ego,  qui veut tout comprendre et tout contrôler, et le cœur qui, on ne sait pas pourquoi, pense parfois différemment. Je pense donc je suis ? Et mes ressentis alors ?

bébé qui souris

Au commencement, l’ego est lent.

Nous naissons avec le cœur pur, sans raisonnement intellectuel, avec des comportements guidés par nos seules émotions. L’inconscient règne en maître. Peu à peu, nous prenons conscience d’exister, notre ego se construit. C’est vers sept ans que nous atteignons l’âge de « raison ». Le conscient commence à dominer nos pensées et guider nos comportements. Nous devenons responsables de nos actions et agissons au mieux à chaque instant dans le monde tel que nous le comprenons.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Notre cerveau est bombardé de centaines de milliers d’informations à la seconde. Il est contraint d’y appliquer des filtres. Telle information lui est utile, telle autre ne l’est pas. C’est ainsi que nous nous construisons et faisons évoluer notre monde intérieur. Nous avons, chacun d’entre nous, notre propre fiction interne, ou approximation,  de la réalité. Nous vivons tous dans le même monde, mais avec chacun une carte différente pour nous y retrouver. Nous avons tous tendance à chercher et à sélectionner les informations venant confirmer la pertinence de notre réalité interne. C’est une question d’équilibre mental.

Le père Noël n’existe pas.

Et puis, un jour, se présente une information qui ne cadre pas avec notre construction interne mais que l’on ne peut pas écarter. Une fichue information qui vient remettre notre vision du monde en cause. Un peu comme quand nous avons appris par hasard que le père Noël n’existe pas. Notre monde intérieur a beau être virtuel, il est tel que nous interprétons la réalité. Et soudainement, il devient faux. Sommes-nous devenus fous ?

Faire le deuil pour reconstruire

Ce qui nous arrive ensuite s’apparente à un processus de deuil : négation,  colère, négociation, douleur, acceptation : OK, le père Noël n’existe pas. Et nous réorganisons notre carte du monde interne en tenant compte de ce fait nouveau et de tout ce qu’il implique. Il faut parfois laisser plus d’une nuit à notre inconscient pour qu’il nous concocte une  nouvelle représentation équilibrée, une mise à jour, une évolution. Un nouvel ordre après le chaos.

C’est pareil au bureau.

Cela se passe aussi comme cela dans le milieu professionnel où les normes évoluent chaque jour, n’est-ce pas ? C’est plus facile quand on accepte vite les nouvelles informations et que l’on se remet en question.

Parfois, le changement dépasse ce que nous sommes en mesure d’encaisser instantanément. Nous connaissons cela, par exemple, quand il s’agit de changer intégralement un processus de production. C’est encore plus corsé dans le cas d’une fusion ou d’une absorption d’entreprise. Il est alors nécessaire de faire très rapidement le deuil de ce qui était « avant » pour comprendre la logique du nouvel ordre et nous y faire la meilleure place possible.

Acceptez d’avoir peur et vous aurez moins peur

C’est parfois délicat, avec notre conscient, notre « mental », qui veut garder le contrôle. Il tente de tout prévoir pour se prémunir de l’échec, en croyant dur comme fer à l’exactitude de sa carte du monde. C’est pourtant l’incertitude du futur qui lui fait générer des alertes sous forme de peurs.

La peur est une des émotions primaires. C’est une alliée qui nous a permis de survivre en nous évitant de faire des bêtises ou en nous faisant élaborer nos « stratégies comportementales » de protection. Il arrive que des stratégies bénéfiques par le passé deviennent inappropriées et sclérosantes. Nous en sommes parfois conscients et croyons néanmoins être coincé dans un schéma sans rien pouvoir y changer. Sachez que vous pouvez évoluer très rapidement en vous faisant accompagner d’un bon coach maîtrisant la PNL. Votre avenir ne dépend que de vous.

Lâcher prise et vulnérabilité

Une émotion qui surgit, c’est comme quelqu’un qui frappe soudainement à votre porte pour vous délivrer un message de première importance. Si vous décidez de l’ignorer, il insiste. Si vous l’ignorez toujours, il frappe de plus en plus fort et de plus en plus vite. Le vacarme empli progressivement toute la pièce. Plus vous voulez l’ignorer, plus il vous dérange et plus il vous vulnérabilise.

C’est bien normal d’avoir peur. C’est même sain. Certes, la peur n’évite pas le danger, elle ne fait que le prévenir. Pourtant, une fois qu’on l’a acceptée, c’est-à-dire, entendu son message, elle estime avoir fait son boulot et nous laisse un peu plus tranquille. C’est cela, le lâcher prise : devenir intelligent avec ses émotions en commençant par les accepter.

Mettez du cœur à l’ouvrage

Les émotions sont le langage du cœur. N’ayez pas peur d’écouter aussi le vôtre.  N’ayez pas peur de VOUS écouter. C’est la meilleure manière d’avoir toutes vos cartes comportementales en main. C’est aussi bon pour le business que pour votre vie personnelle.

Je pense et je ressens, donc je progresse.

©Anselme Briand – juin 2019

N’apprenons rien et le prochain monde sera identique avec les mêmes poids morts à soulever et les mêmes interdits à combattre… Richard Bach – Jonathan Livingstone le Goéland.

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